La Pêche aux écrevisses

écrevisses pêchées dans l'Orge et très indisciplinées sur une table
L'écrevisse est un crustacé décapode (10 pattes) appartenant au même groupe que les langoustes et les homards mais de plus petite taille et vivant en eau douce.
Les espèces
Les écrevisses sont divisées en deux catégories :
les écrevisses autochtones, sont les hôtes naturels de nos rivières que l'on peut appeler les écrevisses de notre enfance. Elles sont devenues rares principalement en raison de leur besoin en une eau bien oxygénée et de plus elles sont très sensibles aux diverses pollutions. Pour ces raisons leurs habitats sont similaires à ceux de la truite (eau courante, oxygénée, existence d'abris racinaires). Elles sont très protégées par une période d'autorisation de pêche très limitée (quelques jours) ou nulle, et une taille minimum de capture.
les écrevisses "d'importation" sont beaucoup moins sensibles à la qualité de l'eau et peuvent prospérer dans les rivières à truites mais également dans les étangs avec une température de l'eau plus élevée. Elles sont principalement en provenance d'Amérique d'où elles ont été importées dans les années 1970. Elles présentent une forte reproduction et deviennent envahissantes provoquant un déséquilibre écologique. Elles sont de plus voraces et carnassières et certaines creusent de profondes galeries pouvant provoquer l'effondrement des berges. Pour toutes ces raisons elles sont considérées comme des nuisibles mais dont la pêche tout autant ludique est encouragée, et dont la qualité culinaire est bonne.
écrevisses autochtones
l'écrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes) : elle est d'un vert clair plus ou moins blanchâtre, avec des nuances de gris, un ventre blanchâtre et un rostre triangulaire
l'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) : elle est d'une couleur brun sombre ou d'un vert olivâtre avec des tons rougeâtres sous les pinces et le corps, avec le ventre blanc.
l'écrevisse à pattes grêles (Astacus leptodactylus) : appelée aussi écrevisse turque ou des marais.
écrevisses "d'importation"
l'écrevisse américaine (Orconectes limosus) : elle possède un dos verdâtre, et la pointe des pinces est orangée. Elle est reconnaissable à des ornementations brunâtres sur la face dorsale de l'abdomen.
l'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) : elle est de couleur rouge. Elle creuse des terriers dans les berges.
l'écrevisse signal ou de Californie (Pacifastacus leniusculus) : elle est reconnaissable à sa tache blanche ou parfois bleutée à la commissure (pliure) des pinces et à son thorax ; elle possède des pinces massives et bien lisses, généralement rouge en dessous. Contrairement aux autres espèces, le céphalothorax est lisse. On peut également noter que le rostre est à bords non convergents.
Pour trouver davantage de détails sur les crustacés d'eau douce, on pourra consulter le site crusta-fauna
La législation
Pour avoir le droit de pêcher les écrevisses nuisibles ou non, il faut posséder une carte de pêche de l'année en cours.
Selon la catégorie du cours d'eau et l'espèce pêchée la période de pêche autorisée varie et il faut donc se référer aux dates publiées par l'avis préfectoral en vigueur.
Pour les écrevisses autochtones, une taille minimum de capture est précisée dans l'avis préfectoral publié chaque année.
Pour les autres écrevisses considérées comme nuisibles, il n'y a pas de taille limite de capture et leur transport vivante est interdit. Pour les tuer, il suffit de tordre la nageoire du milieu de la queue (le telson) et de tirer dessus ce qui a pour effet d'enlever le boyau intestinal qui de surcroît donne un goût amer à la chair. Cette opération s'appelle "châtrer l'écrevisse".
La pêche à l'écrevisse peut s'effectuer à la ligne ou à la balance.
La pêche de nuit est interdite.
Le nombre de lignes autorisées par pêcheur est de 4.
Le nombre de balances autorisées par pêcheur est de 6.
En ce qui concerne les caractéristiques des balances, elles peuvent différer d'un département à l'autre, mais on peut retenir les règles suivantes :
- la pêche aux écrevisses autochtones peut s'effectuer avec des balances d'un diamètre inférieur à 30 centimètres et des mailles d'une taille minimum de 27 millimètres,
- la pêche aux écrevisses nuisibles peut s'effectuer avec des balances d'un diamètre inférieur à 30 centimètres et des mailles d'une taille minimum de 10 millimètres,
Le diamètre des balances et la taille des mailles ne sont pas réglementés en Essonne.
D'une façon générale, on peut considérer que les appâts avec des morceaux de poissons sont interdits pour les écrevisses autochtones et autorisés pour les espèces nuisibles.
La pêche
En Essonne, il n'y a pratiquement pas d'écrevisses autochtones mais les autres sont assez nombreuses.
L'écrevisse est un aliment de base de la carpe donc lorsqu'elles sont présentes en grand nombre, les carpes ne sont pas loin.
Les écrevisses sont des crustacés qui mènent une existence nocturne ; en conséquence le moment le plus favorable pour la pêche se situe après le lever du jour et avant le coucher du soleil car leur pêche de nuit est interdite.
La période la plus propice pour la pêche est de juin à octobre car c'est à cette période que leur besoin nutritif est maximum.
L'écrevisse est principalement carnivore. La légende qui dit qu'elle préfère des viandes très "faisandées" est fausse ; par contre elle apprécie des morceaux sanguinolents frais tels que du mou ou du foie de porc. Néanmoins l'appât le plus souvent utilisé est la sardine lorsque cela est autorisé.
La balance doit être lestée, elle est posée bien à plat à l'écart du courant près d'obstacles tels que pierres ou racines qui servent de caches aux écrevisses.
L'appât est attaché au centre de la balance qui est posée et relevée toutes les trente minutes environ à l'aide d'une perche équipée d'une fourche à son extrémité.
Dans les bons coins, il n'est pas rare de prendre une dizaine de kilogrammes à l'heure !

Modèle de balance